J-1 et le départ…
Demain c’est le grand départ. Je profite de la dernière soirée en famille avec les parents et le frangin, et d’une dernière raclette : fromage et charcuterie, deux choses que j’adore et qui vont sûrement me manquer !
Une dernière course de NASCAR à la télé, en pensant à un couple d’amis qui profite de la course sur place, puis c’est l’heure du dernier dodo dans mon lit français.
Je ne suis pas sûre de réaliser que demain je quitte le sol français pour (enfin !) me lancer dans l’aventure du PVT. Je n’ai toujours pas de stress… et ça par contre, ça m’inquiète un peu !
Le Jour J, ce sont des rafales de vent et de la pluie qui font leur apparition. Ça promet si on doit décoller par ce temps !
Le temps de dire au revoir au frangin, de faire une dernière fois le tour de la maison, et je commence à prendre conscience en regardant la maison une dernière fois avant de fermer le portail. À la prochaine…
Puis tout redevient normal pendant le long trajet jusqu’à Paris, comme si c’était une promenade normale, sauf qu’il n’y a pas de retour à la maison ce soir.

L’aéroport et les vols…
On arrive tôt à l’aéroport, il est environ 16h et le vol n’est qu’à 20h15. Mais mieux vaut être prudents. Je souhaite récupérer ma carte d’embarquement aux bornes mais ça ne fonctionne pas ! L’agent me dit d’attendre 45 minutes pour que ses collègues arrivent… Voilà comment ajouter du stress inutilement. Deux autres Français sont dans le même cas que moi : le problème vient du visa, qu’on ne peut pas scanner. Heureusement un agent de Cathay nous prend en charge et on réussit à récupérer nos cartes d’embarquement tout en enregistrant nos valises.

Vient le moment du départ, des au revoir avec les parents. Ils sont bien plus mal que moi. Sûrement parce que je ne réalise toujours pas ? À partir de maintenant, je suis seule. Chaque décision sera la mienne, chaque erreur aussi. Mais pourtant, cela semble faire un bien fou. C’est parti !
L’attente est longue après le passage de la sécurité. L’avion est arrivé avec du retard, du coup on embarque également avec du retard. Je reste aussi longtemps que possible debout dans la salle d’embarquement : je serai bien assez assise pendant les prochaines 24 heures.
Je souris à moi-même alors que l’avion accélère et décolle : enfin ! Près de huit ans après que cette idée m‘ai effleurée l’esprit, je me lance enfin. Difficile de penser que dans une journée, je serai de l’autre côté de la planète.
Le vol vers Hong Kong est long, très long même puisque je ne dors qu’une heure après le repas…
Pourtant, il y a de la place pour les jambes, une bonne ambiance lumineuse, un grand écran et beaucoup de films et séries mais je trouve le choix un peu moyen. Il y aussi de nombreuses possibilités de points de vue pour la carte du trajet : normal, nocturne, vue depuis le cockpit ou le hublot, etc. On s’occupe comme on peut, hein !
Un autre détail : les annonces sont claires en français, car enregistrées. Parce qu’en anglais avec l’accent asiatique… c’est pas évident à comprendre.
Après le petit-déjeuner servi environ 2h avant l’arrivée, j’arrive enfin à m’endormir pendant une demi-heure. C’est l‘annonce du commandant de bord qui me réveille et c’est alors très étrange. « Good afternoon » : hein, comment ça on est l’après-midi ? « Nous allons entamer notre descente sur Hong-Kong » : hein, Hong-Kong ? Qu’est-ce que je fous là ?
Je ne rêve pas, quelques dizaines de minutes plus tard, les montagnes environnantes de Hong-Kong et les dizaines de petits bateaux dans la baie font leur apparition.
Partis avec 45 minutes de retard de Paris, on arrive avec une demi-heure d’avance à Hong-Kong (ça c’est de l’efficacité !) où l’escale est très rapide. Le passage à la sécurité est un peu long étant donné qu’il n’y a qu’un scanner puis je me dirige vers la porte d’embarquement après avoir trouvé le vol sur un tableau d’affichage qui déroute au premier regard. Heureusement que c’est aussi noté en « français » à tour de rôle.


z Un ou deux aller-retour dans le long terminal pour dégourdir les jambes, un appel au frangin et aux parents pour leur dire que le premier vol s’est bien passé, puis il est déjà quasiment l’heure d’embarquer sur le deuxième vol, celui d’Air New Zealand.

Tout de suite, l’atmosphère est plus décontracté avec le personnel d’Air New Zealand. Ils sont plus décontractés dans les annonces, mais aussi dans les habits (belles couleurs et motifs pour les hôtesses), et même pour leur message qui expliquent les gestes de sécurité. On a le droit à une vidéo décalée et bien différente des annonces habituelles :
Il y a certes moins de films à disposition et pas autant de cartes disponibles (ni de caméra extérieure) mais l’écran a un grand avantage : on peut commander (gratuitement) à tout moment boisson et snack et le personnel naviguant (très sympathique) vous l’apporte directement à votre siège. Il y a même du chocolat chaud : le Milo !
L’arrivée en Nouvelle-Zélande…
Le voyage a duré environ 24 heures et alors que je suis partie lundi soir, ici on est déjà mercredi matin, quand vient le moment de la descente sur Auckland. On peut voir la pointe nord de la Nouvelle-Zélande sur la gauche, puis lors d’un virage, Auckland et sa Sky Tower font leur apparition sur la droite.
J’avoue, il y a enfin un peu d’émotion et un petit moment de lucidité quand le commandant de bord dit que nous venons d’atterrir à « Auckland, New Zealand ». Ben merde, j’y suis enfin !
Alors qu’on avance sur la piste jusqu’à notre porte, j’aperçois les palmiers et autres arbres bien différents de ceux auxquels ont a l’habitude en France. C’est probablement ce qui me fait prendre un peu plus conscience que je ne suis plus dans le même hémisphère…
Le commandant fait une annonce sympathique, en souhaitant un bon retour à la maison aux Néo-Zélandais présents dans l’avion et « Bienvenue chez nous ! » pour les autres.
L’attente pour sortir de l’appareil est longue puisqu’il semble y avoir un soucis avec le couloir qu’ils veulent installer à la porte de l’appareil pour nous permettre de descendre. Le commandant plaisante en expliquant le problème une première fois, puis une deuxième fois quelques minutes plus tard : « Je vais continuer de regarder par la fenêtre pour vous tenir informés, avec autant d’informations que la fenêtre pourra me donner ! » Puis c’est l’heure de la bonne nouvelle : « Good news ! Ils ont réussi, peut-être qu’ils ont juste oubliés de brancher la prise… Bref, encore une ou deux minutes and we can all GO », dit -il en insistant avec une voix sourde. « Finally ! »
Chose étrange, je n’ai même pas besoin de montrer mon visa lors de mon passage à l’immigration puisque cela se fait automatiquement en passant par des portiques avec reconnaissance faciale et scanner pour le passeport. Plusieurs personnes passent en laissant leur valise derrière elles. Les agents d’immigration leur passe par-dessus avec un gentil « You’re welcome » comme réponse aux remerciements des voyageurs.
Un petit tour aux toilettes avant d’être encombrée par la valise puis je me dirige doucement vers les bagages. Dans les couloirs, de long panoramas des paysages néo-zélandais sur les murs laissent présager de belles découvertes.
L’attente est très longue pour récupérer les bagages, mais aux moins la valise a suivi !
Puis c’est l’étape tant redoutée de la douane, car ici ça ne rigole pas : il faut déclarer toute nourriture, médicament, équipement de plongée, de randonnée… Dans mon cas, il y a donc des chaussures de marche à déclarer. Finalement, les médicaments (sans ordonnance) comme le doliprane, etc. ne posent pas de problème. Mais je n’en était pas sûre, alors mieux vaut le déclarer; tout comme le mini pot de Nutella de 25gr !
Mieux vaut donc avoir ces affaires à portée de main. Certains doivent fouiller au fond de leur valise… pas très pratique !
Dur, dur pour ceux qui ont une correspondance. Deux couples de Français ont une correspondance pour Christchurch; je leur cède la place, ce sera toujours quelques minutes de gagnées. Malgré ça, je doute qu’ils aient pu avoir leur vol !
Finalement mes chaussures sont assez propres pour eux (ouf !) et je peux les pendre avant de continuer mon chemin. Un rapide passage à la douane pour les médicaments (mais qui s’avère inutile) puis ça y est, je suis enfin de hall des arrivées : alors qu’on a atterrit à 9h15 environ , il est déjà 11h !
C’est un peu étrange que de se retrouver dans le hall des arrivées, sans que personne ne soit là pour m‘accueillir… Je me trouve un petit endroit dans un coin pour un appel WhatsApp au frangin et aux parents, afin de leur dire que je suis arrivée à bon port.
Je me décide à manger quelque chose sur place avant de prendre la direction du centre ville, de toute façon il est trop tôt pour prendre possession de la chambre. Un McDo ! Voilà une valeur sûre… mais pas de nuggets ! Argh. Je me rabats sur le McChicken, avalé en quelques minutes. Juste à côté se trouve une boutique Spark, parfait, c’est chez eux que je souhaitais aller pour une carte SIM. 59$ pour 10Go sur deux mois. Certes c’est cher mais les forfaits avec 100 Go, ici ils ne connaissent pas… et ça couterait un bras !
Ce qui est bien, c’est que je peux ensuite changer comme je le veux (seulement data, plus de minutes, etc.). Bref, en deux temps trois mouvements la carte Sim est installée et j’ai un numéro néo-zélandais. C’est ça de plus de fait; ça de moins à penser !
Je fais un petit tour pour trouver un ATM de la banque Westpac puisqu’il semble que les retraits avec la carte Revolut n’implique pas de frais. Mais rien à faire, je ne le trouve pas et je n’ai pas envie de trop m’attarder ici, chargée de mes valises.
Alors que je sors du hall, c’est le grand soleil mais l’air est humide et lourd. Des palmiers ! C’est dépaysant, c’est certain.
La dame de la compagnie SkyBus me renseigne gentiment après que je lui ai dit que j’avais déjà un billet : elle me donne le numéro d’arrêt où descendre, après lui avoir donné le nom de mon auberge, puis elle aide des passagers avec leurs bagages. « You’re welcome! » avec le grand sourire. Cette qualité de service me rappelle fortement celle des navettes aux aéroports américains lors de nos précédents voyages.
Alors que le paysage défile à travers la vitre, le dépaysement se fait ressentir : des palmiers, des arbres différents, des maisons en bois, la mer, Queenstown Rd. Queenstown ? Wow… rien qu’à voir ce nom écrit sur un panneau, je prends de plus en plus conscience d’où je suis; mais en même temps, je ne suis pas sûre que je réalise pleinement.
Je descends de la navette : et ça grimpe ! Auckland n’est pas tout plat dis donc ! Après quelques minutes de marche j’arrive à l’auberge. Ma chambre est au 8ème étage. Le temps de prendre une bonne douche, de se changer et je repars pour aller retirer du liquide et faire quelques courses : de quoi avoir à manger (et à boire) si je me réveille en pleine nuit ce soir, à cause du décalage, en ayant faim. J’en profite pour acheter aussi de quoi manger pour les prochains matins et midis.
C’est une sensation très bizarre en sortant de l’auberge et en commençant à se balader dans la rue : le soleil tape fort, il fait lourd et humide; je me balade tranquillement, comme si cela était naturel… Il n’y a rien d‘étrange à se balader en T-shirt, lunettes de soleil sur le nez, en plein mois de Mars (il fait 5°C « à la maison ») puisqu’il fait 26°C ici ! Mais surtout : ça semble naturel de se balader ici, à Auckland, en Nouvelle-Zélande, de l’autre côté de la planète.

Ce qui frappe tout de suite, c’est le bruit dans les arbres, probablement des grillons. Et ces arbres justement : toujours aussi étranges, bien différents de ce qu’on a l’habitude en France. Quant aux voitures, les vans Toyota Hiace sont à tous les coins de rues !
Alors que je navigue dans la ville vers le bureau Westpac et le magasin Countdown, la ville m’étonne par sa diversité : on dirait tantôt une ville américaine avec ses buildings, mais aussi une ville d’Asie avec toutes ces devantures asiatiques, tout en ayant par ci par là des bâtiments à l’architecture européenne.
Au moment de passer à la caisse au Countdown du centre ville , je remarque que par ici c’est l’inverse de chez nous : il y a presque une dizaine de caisses automatiques pour une caisse avec caissière…
Une autre astuce : quand on paye, on peut choisir Espèces, Carte (paiement total) ou Carte (cash-out). Le dernier est bien utile si on veut de la monnaie : on met un montant plus important que le total de nos achats, on paye avec la carte puis on reçoit la différence en liquide !
Il est 17h ici quand je me couche enfin, soit 5h du matin en France : cela fait 46 heures que je me suis levée… en ayant dormi 3h30.

Quelle joie de lire tes premières sensations et quel plaisir de les retrouver en mon cœur en lisant ta joie de garder tes chaussures de marche, tes premières notes avec les grillons, tes premiers pas dans le « Countdown » (qui deviendra une seconde maison), et ta rencontre avec la sky tower ! Une douce nostalgie qui va donc bercer mes mois jusqu’à ton retour (si retour il y a :p)
Je te souhaite un excellent voyage miss. Gave toi bien <3
Ah ah, merci mamzelle ! J’en prends déjà plein la vue. Je croise les doigts pour que l’aventure continue ainsi… et le plus longtemps possible. 😉