Jour 30 – Jeudi 4 Avril 2019
Je suis réveillée naturellement à 7h, mais bien crevée après la courte nuit : le temps passer à photographier la voie lactée, mais aussi le froid. D’ailleurs j’ai trois couches de vêtements (sous-vêtements thermiques, long pyjamas, jogging et sweat-shirt). Je vois rapidement la belle ligne orange à l’horizon lors du lever de soleil mais je reste sous la couette, bien au chaud. Le téléphone me dit qu’il fait 6 degrés… Ouais, c’est ça !
Au final, il est 9h15 quand je reprends la route, toujours vers le sud. J’ai à la fois l’impression d’être en Écosse avec ces collines jaunâtres sans arbres, puis dans les Alpes avec des sommets plus pointus et dénudés. C’est évidemment sans compter les quelques palmiers le long de la route… qui me rappellent que je ne suis pas en France, ni en Écosse, mais bel et bien en Nouvelle- Zélande, au milieu de ses paysages délirants et si variés !

Il y a de sacrés travaux sur la route SH1, une route splendide qui longe la côte. Mais avec tous ces arrêts, c’est long ! Je souris quand je vois des panneaux de couleurs à l’approche des zones de travaux, où sont inscrits des messages comme « Please slow down my grandma / my father works here ».

L’ambiance est sympa avec les travailleurs qui s’occupent de réguler le trafic : ils font un grand coucou de la main à tout le monde avec un large sourire !
Je m’arrête à Ohau Point, un point de vue sur la mer, mais surtout sur les otaries ! Il y en a partout sur les rochers, des grands, des petits… Certains sont affalés, en plein dans leur sieste, quand d’autres se promènent d’un rocher à un autre. Des petits sont en train de jouer… Je pourrais rester là des heures à les observer.


Quelle vue fantastique : je vois sur la droite les montagnes, au loin la route qui longe la côte, la plage, et entre les deux, la voie de chemin de fer. Ça ferait une photo incroyable ! Mais entre le manque de place pour se garer et ces Kiwis pressés qui vous collent au c** sur la route, impossible de m’arrêter. Pas grave, je garde cette image en tête.
Puis la route quitte la côte et traverse des champs, et en face voilà des montagnes aux sommets un peu enneigés : me voilà dans un décor qui ressemble aux Alpes ou au Colorado (image renforcée de temps à autres par une ligne jaune au milieu de la route). Mais quel pays de dingue !

J’arrive ensuite à Kaikoura, une ville connue comme étant un point d’observation pour les baleines. Mon premier arrêt est au point de vue Kaikoura Lookout : un parking en hauteur. Je me gare, coupe le contact et reste là, les bras sur le volant, à hocher la tête… Quelle vue ! J’ai du mal à en croire mes yeux.

Cette vue est une des plus belles que j’ai eu l’occasion de voir jusqu’à présent. Les montagnes un peu enneigées, la couleur de l’eau surréaliste… C’est parfait ! Je prends le temps de l’admirer, puis de la photographier. Un minibus arrive, ils restent trois quatre minutes et s’en vont. Que je suis bien contente d’avoir tout mon temps !


D’ailleurs, je décide de manger là. Je me fais des sandwichs, que j’avale les yeux rivés sur le paysage devant moi. Et encore une fois… je suis submergée par l’émotion. Je ne sais même pas ce que c’est réellement. C’est difficile de mettre des mots sur ce que je ressens à ce moment-là. Peut être la fatigue y contribue aussi… Certainement, même. Quoi qu’il en soit, je dois poser mon sandwich pendant quelques temps, incapable de manger. “Pleurer de joie” prend tout son sens et ce n’est même plus une expression. Je m’assoie sur le sol de mon van, les pieds à l’extérieur, les yeux rivés sur cette vue, incapable de retenir les larmes. Mais quelle beauté ! Et quelle “chance” d’être là. Peut-être que finalement je réalise aussi un peu plus que je suis réellement en train de “le” faire, ce qui n’était qu’une idée et qu’un rêve, depuis près de neuf ans maintenant…

Après avoir enfin réussi à finir mon sandwich (victoire ! 😜), je continue jusqu’au bout de la péninsule. On peut aller tout au bout à pied, sur les rochers pour espérer approcher des lions de mer ou monter et longer la falaise sur un petit sentier. Je commence par les rochers de la péninsule mais un conseil : il serait bon de monter un peu avant, afin d’avoir un point de vue sur ces rochers et de vérifier la marée (montante ou descendante). Car sinon, vous pouvez avoir la mauvaise surprise de vous retrouver bloqué puisqu’à marée montante, l’eau submerge une partie des rochers qui se trouve entre la pointe et le parking… D’ailleurs en revenant, je me rends compte que c’est déjà plus compliqué de traverser les parties déjà humides. Je ne sais pas comment ceux qui sont à la pointe vont pouvoir revenir dans plusieurs dizaines de minutes…




Après cette première promenade, je monte au sommet de la falaise et marche environ 45 minutes, sous un soleil de plomb. Les formes des roches en contrebas et les couleurs sont incroyables.



Je décide de ne pas aller jusqu’à South Bay. La fatigue se fait sentir, la chaleur aussi… Il faut encore faire le chemin inverse et j’ai envie d’être assez tôt au camping gratuit de ce soir, connu pour être assez vite rempli. J’aimerais encore avoir de la place. Et puis ça me permettra de me reposer, après une nuit courte et une journée bien remplie, en découvertes et en émotions !


Arrivée sur place, il y a déjà du monde. J’ai le temps de me reposer un peu avant de profiter simplement du coucher de soleil, assise sur de petites pierres, en repensant à la journée que je viens de passer : une journée qui me confirme que j’ai fais le bon choix en me lançant enfin dans cette aventure. Comme on dit : “Mieux vaut tard que jamais !”
Margaret,
Les photos sont magnifiques, et le commentaire est splendid!
Virginie, qui est touche par les elements, la beauté, et le voyage. Bravo!
C’est vraie, « Mieux vaut tard que jamais! »
L’amour et merci pour ce website!!!
Margaret