Jour 48 – Lundi 22 Avril 2019
Il est temps de quitter Wanaka. Bizarrement, c’est un des endroits qui m’attirait le plus mais qui ne m’a pas convaincu. Peut-être que la difficulté de camper ici y est pour quelque chose. Mais finalement, je ne suis vraiment plus à l’aise dans ces endroits aussi « peuplés ».
Je prends le départ un peu avant 9h et remarque la neige fraiche sur les sommets. Un petit arrêt à la station de vidange avant de prendre la direction du sud, via la vallée de Cardrona, un endroit connu pour sa station de ski. Par endroits, il y a juste assez de place pour la route : elle est vraiment coincée entre les montagnes de chaque côté. Ah, ces couleurs ! Du rouge et du jaune colorent les arbres. L’automne est vraiment une très belle saison !

Puis après une rude montée (Vivian peine un peu sur ce coup-là…), j’arrive au col du Crown Range Summit : la route goudronnée la plus haute de Nouvelle-Zélande, avec ses 1 076 mètres. Et dire qu’avant l’année 2000, c’était encore une route de graviers ! Ça ne devait pas être facile à emprunter parce que ça monte rudement (et que dire de l’autre côté…).

La descente vers Frankton et Queenstown est fantastique; quelle route ! Je m’arrête évidemment à un point de vue un peu en contrebas du col. Les sommets enneigés font leur apparition sur la droite. Mais il manque encore un peu de neige à mon goût… La vue est splendide cela dit. Queenstown n’est pas encore totalement en vue, c’est la ville de Frankton que l’on peut admirer.



Puis la descente se finit par une suite d’épingles qui s’enchainent, et tellement serrées, que la ribambelle de voitures est presque à l’arrêt.
Je m’arrête dans la zone commerciale de Frankton : à Pak’n Save pour faire des provisions et au Warehouse pour enfin acheter une couette d’hiver, parce que celle que j’ai est quand même assez fine. On verra si ça ira mieux… Une chose est sûre, c’est toujours aussi difficile d’être « en ville ».
Je cherche un endroit pour stationner le long du lac, le temps de faire une petite promenade. Il y a plein de place sur Lake Avenue, super ! Je me stationne et en profite pour prendre le casse-croûte de midi. Puis j’entends un énorme bruit : un avion passe juste au-dessus ! Ah oui, j’ai oublié qu’on est littéralement à 300 mètres de la piste de l’aéroport de Queenstown !
La balade le long du lac offre encore une fois de merveilleuses couleurs. Je ne me lasse vraiment pas de ce jaune qui envahit les arbres. Quelle beauté ! Et que dire des montagnes au sud ? Des pics tranchants magnifiques, qui portent bien leur nom : The Remarkables. C’est sûr qu’elles ne passent pas inaperçues !



Je prends ensuite la direction du domaine skiable des Remarkables : la route monte, monte, monte… ça grimpe rudement et rapidement. Le début de la montée est un enchaînement d’épingles impressionnantes. La route est limitée à 50 km/h… Je ne risque pas d’aller plus vite de toute façon !
Un premier arrêt offre un point de vue fantastique, où l’on voit bien Frankton et une partie du Lac Wakatipu qui est en forme de S, d’une longueur totale de 80 km. Pour le coup, on peut vraiment dire “quel panorama !”



Puis la route continue de grimper… La pente est raide et le dévers de côté également ! Quand on a le vertige, c’est pas évident (surtout qu’on roule à gauche, près du précipice…!) mais je reste concentrée sur la route, qui devient plus serrée par endroits. Quelques épingles très serrées et très penchées puis les derniers kilomètres pour atteindre la station de ski ? Une route de graviers voyons ! Arghhhh, ça ajoute encore un peu de piment !

Je me gare sur le premier parking venu : Vivian fatigue… et moi aussi. Il faut dire qu’elle vient de grimper 1 300 mètres car la station est à plus de 1 500 mètres d’altitude.
Je prépare mes affaires dans le sac à dos puis j’entame la petite randonnée vers le lac alpin Alta : 200 mètres de dénivelé, une petite demi-heure à travers d’abord un grand chemin qui passe sous les télésièges : peut-être utilisé comme piste de ski en hiver ?

En me retournant, je vois que la montagne a un tout petit peu de neige fraiche au sommet. Ah, l’automne… et l’hiver arrive doucement.

Puis le chemin devient plus petit, passe de petits ruisseaux, monte sur des cailloux, avant d’arriver au petit lac alpin. La couleur de l’eau est fantastique ! Elle est tellement transparente, mais avec un petit reflet vert.


Il fait bien plus frais ici ! Mais tant mieux, parce que le soleil cogne. Et quel calme ! Après plusieurs jours passés en ville, pendant les fêtes de Pâques qui plus est, ça fait sacrément du bien de se retrouver dans la nature !
Allez, il est temps de redescendre. D’abord à pied, puis en van. Je fais doucement sur la route en graviers, ce n’est vraiment pas rassurant en descendant avec le ravin de côté. Et le boucan que ça fait à l’arrière quand ça vibre de tous les côtés ! Parce que oui, leurs routes en graviers ne sont jamais vraiment lisse…

Les couleurs sont fantastiques en cette fin d‘après-midi. Impossible donc de ne pas s’arrêter. Je sors du van et là… je m’arrête net, je ne bouge plus. Je regarde autour de moi… J’ai peut-être les oreilles bouchées ? Un silence incroyable ! J’ai même cru que j’étais sourde pendant un moment. Pas un seul bruit : pas de voiture, pas d’oiseau, pas même le bruit du vent ! Absolument RIEN. C’est une sensation que je n’avais jamais eu et je peux dire que c’est déroutant, voire effrayant sur le moment.


En contrebas, je vois la route et puis tout d’un coup, un bruit : celui d’un avion en approche qui passe là en bas ! Ce n’est pas souvent qu’on se trouve au-dessus d’un avion ! 😄

Je décide de ne pas me diriger vers Queenstown ce soir mais d’aller à un camping gratuit avant Gribbston. Il faut une trentaine de minutes pour le rejoindre. De là, je pourrai faire le détour par la petite ville touristique d’Arrowtown demain.
Sur le chemin, je m’arrête à un pont assez récent. Les couleurs sont toujours aussi fantastiques. Que ce soit les arbres ou le lac. Je ne m’en lasse pas je vous dis !


Le lieu de camping de ce soir est sur le parking d’un autre pont, mais historique celui-ci, le Karawau Gorge Suspension Bridge. Et de là… certains payent pour se faire peur et sauter en élastique ! On peut les regarder faire depuis une plateforme d’observation. Autant dire que les voir franchir le pas (dans le vide) me conforte dans l’idée que je ne le ferai très probablement jamais !


Cela dit, j’adore leur manière de les récupérer en bas, sur un bateau pneumatique. L’un des deux employés du bateau tend une perche que la personne qui a sauté doit attraper, puis il la fait descendre jusque dans le bateau, où le deuxième employé la rattrape. Il fait ensuite un signe énergique, pouce levé, vers la famille ou les amis qui sont en haut, en train de regarder : une manière non seulement de leur faire comprendre que la personne va bien (ouf !), mais aussi qu’elle a apprécié.
Après les avoir observé pendant plusieurs minutes, je me balade un peu dans les environs. Le soleil est en train de se coucher et en traversant le pont, je vois cette rangée d’arbre spectaculaire au-dessus du pont que la route traverse. Grrr, je n’ai pas mon appareil photo ! C’est absolument magnifique. La rivière (bien bleue) et le pont sont à l’ombre mais la rangée d’arbres est encore illuminée par le soleil couchant. Quelle magnifique vision avant de retourner au van. Que ça fait du bien de pas être dans un « vrai » camping ce soir ! Vive les « campings de liberté » comme ils appellent ça ici.
